samedi 4 novembre 2017

information

Social

Accompagnant éducatif et social, un nouveau métier est né


Publié le 26/10/2017 • Par Catherine Maisonneuve • dans : A la Une RH, France, Toute l'actu RH
aide a domicile
PHOVOIR
Les premières personnes formées au métier d’accompagnant éducatif et social viennent d'être diplômées. Ces professionnels accompliront leur mission à domicile, en établissement ou à l’école. Mais faute d'adaptation statutaire, le recrutement des premières diplômées dans la fonction publique territoriale pose problème.
La première promotion du diplôme d’Etat d’accompagnant éducatif et social (AES) est sortie. Créé par décret du 29 janvier 2016, ce diplôme de niveau V remplace et fusionne ceux d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’aide médicopsychologique (DEAMP), et sanctionne la première formation diplômante à destination des auxiliaires de vie scolaire. Il est structuré en un socle commun et trois spécialités : accompagnement de la vie à domicile, accompagnement de la vie en structure collective et accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire.

Un tronc commun et trois spécialités

En application d’un arrêté du 29 janvier 2016, la formation est structurée en un socle commun et trois spécialités. Elle dure de 9 à 24 mois et comporte 525 heures d’enseignement théorique

nouveau decret

Protection de l'enfance

Un délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes


Publié le 24/10/2017 • Par Gabriel Zignani • dans : TO parus au JO
Un décret du 23 octobre 2017 institue un délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, placé auprès du ministre des solidarités et de la santé. Il a pour missions :
  • d’organiser la concertation avec les principaux acteurs du champ de la prévention et de la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes ;
  • de coordonner, au niveau interministériel, les travaux de préparation de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes et de rédaction des projets de textes législatifs et réglementaires ;
  • d’assurer le suivi de la mise en œuvre de cette stratégie.

article de presse

Petite enfance

Comment la PMI réinvente les visites à domicile


Publié le 03/10/2017 • Par Catherine Maisonneuve • dans : France, Innovations et Territoires
PMI
BURGER/PHANIE
Afin d’accompagner les mères vulnérables pour qui la visite à domicile est un outil d’intervention privilégié, le dispositif Panjo a été développé. Les pratiques professionnelles des puéricultrices et des sages-femmes sont renforcées. Les mères accompagnées développent des liens d’attachement avec leur bébé. Un protocole encadre la formation des professionnels, leur intervention au domicile basée sur l’alliance avec la mère et la supervision de leurs pratiques par un psychologue.
En 2016, 785 000 bébés sont nés en France. Suivi médicosocial proposé aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans, le rôle de la PMI instauré après-guerre a été conforté par la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016. Dans le sillage du texte, un Comité d’animation nationale des actions de PMI, mis en place début 2017 par la direction générale de la santé et l’Assemblée des départements de France, a commencé ses travaux sur le parcours pré et postnatal, la prévention en santé et le bien-être psychique. Un point d’étape était prévu lors du comité du 29 septembre.

Douze territoires-pilotes

La recheche-action, baptisée « Panjo » (1), très transversale aux thématiques de la petite enfance, sera sans doute regardée avec beaucoup d’attention dans les deux ans. Lancée par Santé publique France (ex-Inpes), elle a été expérimentée en 2014 et 2015 (Panjo 1) dans les PMI de la Loire-Atlantique, du Rhône et des Hauts-de-Seine, puis optimisée dans onze départements (Panjo 2, 2016-2018) : Landes, Loire-Atlantique, Lot, Maine-et-Loire, Mayenne, Moselle, Pyrénées-Atlantiques, Haut-Rhin, Rhône, Sarthe et Vendée. L’Agence des nouvelles interventions sociales et de santé (l’Aniss) a entre-temps été chargée de coordonner l’ensemble des expérimentations.
Avec les visites pré et postnatales proposées classiquement, le « formidable outil de prévention précoce qu’est la PMI est peut-être sous-utilisé », souligne Thomas Saïas, initiateur de Panjo. D’où l’objectif de présenter un modèle d’intervention structuré auprès de mères isolées dont c’est le premier ...

article de presse

Prévention de la radicalisation

Enfants de retour de Syrie : quelle place pour l’ASE dans le futur plan gouvernemental ?


Secte psy radicalisation
D.R.
Début septembre, devant les préfets réunis, Emmanuel Macron a évoqué le sort des mineurs de retour de Syrie. Selon le Président, ces enfants – pour la majorité embarqués par leurs parents – ne peuvent plus continuer à relever du droit commun et de l’ASE, comme c’était le cas jusqu’ici. Un bouleversement qui intervient dans le cadre plus large d’une refonte de la lutte contre la radicalisation. Un nouveau plan devrait être présenté cet automne.
C’est au cours d’un discours fleuve balayant les questions financières, métropolitaines et sécuritaires que le Président, au détour d’une phrase, a semé le trouble chez les professionnels de la Protection de l’Enfance. « Je souhaite une grande vigilance sur les retours des zones de combat. Dans ce cadre il convient d’appliquer strictement le protocole défini par le précédent gouvernement. S’agissant des mineurs revenants ils ne peuvent pas continuer à relever de la prise en charge de droit commun dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance » a lancé Emmanuel Macron devant un parterre de préfets. En prononçant ces mots, le Président semble donc remettre en question ce qui se fait depuis quelques mois déjà.

La circulaire « du 23 mars »

En effet, en mars dernier, Matignon avait validé une circulaire « dite du 23 mars » dédiée à la question des enfants de retour de la zone irako-syrienne.  Sorte de vade-mecum très détaillé, la circulaire organisait les retours autour de deux piliers : le procureur et le préfet.
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Enfants du djihad : ce que le gouvernement prévoit face aux retours
En introduction de la circulaire, on pouvait ainsi lire : « Le dispositif s’appuie largement sur le droit commun », avec donc en première ligne les conseils départementaux, confortés dans leurs prérogatives de protection de l’enfance, et explicitement chargés des placements de ces enfants.

article de presse

Mineurs isolés

Des familles d’accueil pour les jeunes migrants isolés

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Noborder Network / Flickr CC BY 2.0
Le département du Nord déploiera en septembre 2017 un nouveau dispositif d'accueil pour les mineurs non accompagnés. Les plus de 16 ans pourront être placés au sein de familles d'accueil bénévoles.
Le Conseil départemental du Nord a voté lundi 3 juillet 2017 une délibération qui offre une alternative à l’accueil des mineurs non accompagnés (MNA) de moins de 16 ans. Il s’agit d’héberger les plus jeunes d’entre eux dans des familles d’accueil bénévoles, a indiqué Doriane Becue, vice-présidente chargée de l’Enfance, de la famille et de la jeunesse, lors d’une conférence de presse, fin juin. Un dispositif qui a été expérimenté dans le Bas-Rhin. « Nous faisons appel à la citoyenneté » des habitants du département, a souligné pour sa part Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental.

Recherches de volontaires

Un appel aux familles volontaires sera lancé dans les prochains jours. Le Département est en lien avec des associations caritatives et religieuses déjà engagées auprès des mineurs isolés, a ajouté la vice-présidente. Ensuite, les services de PMI procéderont aux visites des familles afin de leur délivrer, ou non, l’agrément leur permettant d’accueillir des enfants, « comme pour les assistants familiaux», a-t-elle précisé.
Les premiers accueils en famille devraient débuter en septembre. Comme ces jeunes seront accompagnés au titre de la protection de l’enfance, ils seront accompagnés, ainsi que leurs familles d’accueil, par les travailleurs sociaux de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Bénévoles, les familles seront défrayées à hauteur de 380 euros par mois.

Compléments des dispositifs existants

Ce dispositif s’ajoute aux mesures déjà prises pour répondre aux besoins des MNA. Certains sont accueillis dans des maisons d’enfants à caractère social relevant de l’ASE, dont le prix de journée est élevé (170€). Les mineurs de plus de 16 ans et les jeunes majeurs, a précisé Jean-René Lecerf, peuvent être hébergés à travers le dispositif Trajet, géré par deux associations et un établissement public départemental dans des centres répartis sur l’ensemble du territoire et animés par une équipe plus réduite que les foyers de l’ASE. Tous ne l’acceptent pas cependant, notamment du fait de l’éloignement avec le centre administratif lillois. Ce dispositif compte 350 places. Par ailleurs, certains jeunes de 16 à 18 ans plus autonomes se voient proposer des places en appartement.

Bientôt 1300 MNA ?

Au total, estime Doriane Decue, le Nord héberge « un peu plus de 1000 » mineurs isolés, ce qui représente un budget de quelque 30 millions d’euros pour l’année. Une enveloppe quasiment identique à celle que représentait le RSA il y a peu, a souligné Jean-René Lecerf. Or les projections actuelles évaluent à 1300 le nombre de mineurs étrangers isolés dans le département en 2017. Un chiffre en augmentation par rapport à 2016 (930 jeunes) et qui devrait atteindre les 2000 en 2018 si les estimations du conseil départemental se confirment. Une croissance face à laquelle les ouvertures de places ne suffiront pas, selon le président de la collectivité nordiste.
Focus

Appel à l’Etat

Le président du Nord a souligné lors de la présentation du nouveau dispositif que l’Assemblée des départements de France, dont beaucoup de membres sont désormais concernés par cette problématique, soutient sa position en faveur d’un plus fort exercice de la « compétence régalienne de l’Etat ». Elle lui demande, d’une part, d’encadrer davantage la façon dont l’affirmation de la minorité des jeunes doit être prise en compte par la justice notamment et, d’autre part, d’inciter à « une attitude beaucoup plus objective » les services consulaires français à l’étranger qui accordent des visas dans le contrôle de l’authenticité des documents d’identité présentés, et notamment l’âge des demandeurs.

article lien social

20 septembre 2017

On enferme bien les mineurs

La France comptait 876 mineurs en prison le 1er aout 2017, contre 743 en 2015. Cette augmentation de 16,6% alarme Jean-Pierre Rosenczveig, président du Tribunal pour enfants de Bobigny de 1994 et 2014. Dans son blog, il démontre que cette recrudescence du recours à la prison n’est consécutive ni d’une augmentation, ni d’une aggravation des actes de délinquance. Pour l’ancien juge des enfants, « si les magistrats ne trouvent pas d’autres réponses que la mise à l’écart », c’est le signe d’un relâchement de l’accompagnement en milieu ouvert.
« On n’a plus les moyens de prendre le temps de voir le sens de l’acte donc on apporte des réponses répressives, analyse Jean-Marie Vauchez, président de l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés. L’enfermement des mineurs est le résultat d’un étouffement généralisé des services sociaux. On peut l’étendre à tous les champs du social, l’accueil du handicap, la protection de l’enfance… »
35 suivis pour un éducateur
« Depuis quelques années, la prévention spécialisée n’est plus une priorité, des services ferment, d’autres voient leurs moyens réduits à peau de chagrin, confirme Salvatore Stella, président du CNAEMO et membre du Conseil national de la protection de l’enfance. Quant au milieu ouvert, il y a une grande disparité entre les territoires. Il y a des secteurs où un éducateur assure le suivi de six à sept situations en AEMO renforcée, d’autres où ce chiffre grimpe à trente-cinq. Partout, les mesures d’accompagnement sont raccourcies, notre moyenne d’intervention baisse d’année en année. À moyen constant, la charge de travail augmente, si bien qu’un éducateur ne consacre qu’un tiers de son temps en intervention directe auprès des familles. »
Moins d’ASE, plus de CEF
Plus préoccupant encore, Jean-Pierre Rosenczveig craint « que l’Aide sociale à l’enfance soit plus que jamais dans l’incapacité de suivre les jeunes, notamment les 8 – 13 ans, en difficulté avant qu’ils n’arrivent à entrer de plein pied dans la délinquance ». Ce gouvernement, comme le précédent, annonce le doublement des places en centre éducatif fermé d’ici cinq ans. A raison d’un prix de journée de 600-800 euros par mineur, l’accueil dans un CEF revient pour un séjour moyen de 4 mois de 81 000 à 104 000 euros pour un jeune. 1 563 jeunes devraient y séjourner en 2017, ce qui représente plus de douze millions d’euros. Un choix politique difficile à défendre d’un point de vue tant humain… qu’économique.

article lien social

30 octobre 2017

Mineurs isolés, mineurs avant tout

C’est une déclaration qui fait l’unanimité contre elle dans le monde associatif et juridique spécialisé l’accueil des jeunes migrants : « l’État assumera l’évaluation et l’hébergement d’urgence des personnes se déclarant mineures entrant dans le dispositif (de protection de l’enfance), jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée ». Elle a été prononcée par le premier ministre Edouard Philippe le 20 octobre dernier devant le Congrès de l’Assemblée des départements de France.

Dans un communiqué commun, 17 associations œuvrant dans le champ de la protection de l’enfance, de l’hébergement et de l’accueil d’urgence rappellent que conformément à la Convention des droits de l’enfant, les mineurs non accompagnés « doivent être considérés comme des enfants avant d’être des étrangers, et, par conséquent, bénéficier d’un accompagnement éducatif tout au long de leur prise en charge et dans le cadre de la protection de l’enfance ». Donc, que leur sort ne doit pas être confié « aux politiques publiques liées à l’immigration », ce qui signifierait « un recul grave pour les droits de l’enfant dans notre pays ».
Défaillances et abus
Même inquiétude pour 70 avocats et juristes intervenant quotidiennement auprès de mineurs isolés étrangers dans différents départements de France. Ils ont adressé le 24 octobre une lettre ouverte au Président de la République. « Nous vous demandons solennellement de réaffirmer l’attachement de la France à la protection de tous les enfants présents sur son territoire, de réaffirmer le rôle de notre système de protection de l’enfance vis-à-vis de tou·tes les mineur·es en danger, quels que soient leur nationalité, leur origine ou leur statut administratif ». Le dispositif actuel, ses « très nombreuses défaillances », avec des mineurs « particulièrement vulnérables » et exposés « aux abus et à la maltraitance » devrait, selon les signataires, « au contraire inciter les autorités à les protéger au moins autant, sinon plus, que les autres enfants ».