vendredi 24 mars 2017
soirée débat du 1er juin 2017
L'association
Ass Fam 17, ensemble
!
vous
convie
le
jeudi 1er juin 2017 à 19h30
au
Palais des Congrés de Rochefort ( salle Pierre Loti)
à
une soirée débat en présence d'Adrien Durousset .
A partir de
la loi du 05/03/07 , qui met l'enfant au coeur du dispositif de
protection de l'enfance, nous aborderons les questions suivantes :
"Comment les
places respectives de l'enfant, des parents se construisent elle? "
"Comment
s'articule leur prise en compte dans le cadre d'un placement?"
"Quelles sont les
priorités des Educateurs, des Familles d'Accueil ?"
et, nous aborderons un sujet
d'actualité qui nous arrive dans le champ de la Protection de
l'Enfance:
"Comment
appréhender la radicalisation en Famille d'Accueil?"
assfam17ensemble.blogspot.com
lundi 20 mars 2017
article du 20/03/17 dans la Gazette , enfants du djihad
Aide sociale à l’enfance
Enfants du djihad : les départements en première ligne
Publié le • Par Emilie Denètre • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France • Club : Club Prévention-Sécurité
Plus de 400 mineurs devraient rentrer d’Irak et de Syrie au cours des prochains mois. Ces enfants, qui ont connu la guerre et l’embrigadement, seront majoritairement pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance. Un plan gouvernemental devrait être annoncé dans les prochains jours.
vendredi 17 mars 2017
autisme
interview de Laurence Rossignol , le 13/03/17
Protection de l'enfance
« Les enfants revenant de Syrie doivent faire l’objet d’une prise en charge »
Publié le • Mis à jour le • Par Isabelle Raynaud • dans : A la une, Actu prévention sécurité, France • Club : Club Prévention-Sécurité
Un an après la loi relative à la protection de l'enfant, la ministre des Familles, de l'enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol, tire un premier bilan. Dans un entretien à la Gazette, elle évoque également le plan gouvernemental de prise en charge des "enfants du Djihad". La ministre promet une meilleure prise en charge par l'ASE et un volet formation des travailleurs sociaux dédié à la déradicalisation.
Quel bilan tirez-vous de la loi relative à la protection de l’enfant du 14 mars 2016 ?
L’objectif de cette loi était de sortir la protection de l’enfance de l’angle mort des politiques publiques. Bien que mobilisant des financements importants – environ 7 milliards d’euros par an sur le budget des départements – c’est une politique rarement mise au débat. De ce point de vue, je crois qu’on a réussi à faire parler de la protection de l’enfance. Le bilan que je tire est aussi un bilan de méthode.Pendant un an, nous avons mené un long travail de concertation avec l’ensemble des professionnels mais aussi des usagers, que ce soit les jeunes adultes passés par la protection de l’enfance ou les parents d’enfants placés. Notre objectif était de décloisonner les actions autour de l’enfant en danger. Je pense que nous y sommes parvenus, et le Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE) que j’ai installé au mois de décembre vient concrétiser cette volonté de pluridisciplinarités et pluri-institutionnalités. Il regroupe toutes les institutions et les organismes qui sont intéressés par la protection de l’enfance avec, en particulier, la fonction de définir des orientations et des formations pluridisciplinaires et pluri-institutionnelles autour de ce sujet.
Lors des débats parlementaires, le CNPE avait fait craindre aux départements une certaine recentralisation de la compétence. Qu’en est-il ?
Pour préparer la loi, nous avions mis en place un groupe de travail avec les départements, qui rassemblait le plus souvent les vice-présidents chargés de la protection de l’enfance. Ce groupe n’a pas cessé de se réunir. Il rassemble les territoires qui, hors de tout clivage politique, s’intéressent à leurs politiques en matière de protection de l’enfance. Pour ceux-là, la démarche de la loi et la création du CNPE sont considérées comme une étape positive.Je suis d’ailleurs souvent allée dans des territoires qui ont organisé, au niveau départemental, le même type de réunions qu’au niveau national et mis autour de la table les juges pour enfants, l’Education nationale, les services du département, les médecins… Bref, toutes celles et ceux qui sont des acteurs de la protection de l’enfance.
Les départements qui ont voulu s’inscrire dans l’esprit de la loi ont mis en place des cadres de concertation et d’élaboration qui leur sont propres pour faire avancer la pluridisciplinarité. Je n’ai pas les moyens d’obliger ceux qui ne veulent pas le faire, mais je note que beaucoup prennent à cœur cette politique. Une chose est claire : il y avait un besoin de retour du régalien dans la protection de l’enfance. Et nous sommes arrivés, à mon sens, à redonner à la fois des orientations et une philosophie communes à la protection de l’enfance, tout en respectant la compétence des départements.
Nous sommes arrivés, à mon sens, à redonner à la fois des orientations et une philosophie communes à la protection de l’enfance, tout en respectant la compétence des départements.
Un rapport de l’Observatoire national de la protection de l’enfance a souligné que de nombreux départements n’ont pas mis en place le projet pour l’enfant (PPE) après la loi de 2007. Quelle est la situation aujourd’hui ?
D’abord, nous nous sommes interrogés sur les raisons pour lesquelles les départements n’utilisaient pas davantage cet outil. Probablement parce que c’est un exercice supplémentaire pour les travailleurs sociaux. Nous avons instauré par décret, en septembre dernier, un référentiel commun qui ne s’impose pas mais qui est un guide, une grille, pour aider à la rédaction du PPE et à la méthode de ce projet. Cet outil doit faciliter le travail des éducateurs. Nous n’avons pas suffisamment de recul pour faire une évaluation chiffrée. Mais, ce qu’on a intuitivement senti, c’est une montée sur les PPE.Vous avez présenté, le 1 er mars, le premier plan interministériel de lutte contre les violences faites aux enfants. Dans quel but ?
Inspiré des plans de lutte contre les violences faites aux femmes, c’est une mobilisation interministérielle qui couvre plusieurs champs. Le premier est de sensibiliser et d’alerter l’opinion sur l’ampleur des violences faites aux enfants, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. On a eu plusieurs cas dramatiques récemment. J’observe que ces familles dans lesquelles des enfants sont morts avaient toutes des voisins, qui organisent ensuite des marches blanches. C’est très bien, mais ce qui est mieux encore c’est de signaler avant le drame.Il y a une culture à changer. A commencer par cette idée que non, la liberté éducative ne va pas jusqu’à la maltraitance. Quand un enfant est victime, nous sommes tous concernés. Signaler, c’est sauver. Nous sommes bien plus avancés dans la dénonciation sociale des violences faites aux femmes, qu’on ne l’est aujourd’hui dans celles faites aux enfants.
Il y a vingt-cinq ans, quand une femme était frappée, on disait que cela ne regardait pas l’extérieur, que c’était une affaire familiale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Alors que pour les enfants, on le dit toujours, jusqu’à ce que le drame survienne. Le but n’est pas simplement d’empêcher les meurtres, le but est qu’il n’y ait pas d’enfants qui soient élevés dans la terreur des coups et des violences psychologiques. Il faut renoncer à frapper pour élever les enfants. Cela nous concerne tous.
De nombreux département ont coupé dans leurs budgets de prévention spécialisée en 2016. Des annonces avaient été faites. Où en est-on ?
Sur la prévention spécialisée, nous avons signé avec Patrick Kanner une convention nationale sur la prévention spécialisée avec des têtes de réseaux et l’ADF en septembre 2016, qui renforce la collaboration entre l’Etat et les départements. Les instructions financières données par le gouvernement, en particulier grâce au fonds de prévention de la radicalisation, favorise le financement de la prévention spécialisée.En particulier, des expérimentations renforcent la présence d’adultes en soirée et les week-ends dans les quartiers politique de la ville.
Nous avons confié au CNLAPS [Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée] une étude cartographique de la prévention spécialisée avec des recommandations qui viendront alimenter les discussions du groupe de travail interministériel mais je pense qu’il y a un débat politique à avoir autour de la prévention spécialisée.
Nous avons aujourd’hui, dans certains quartiers, des situations difficiles avec des mouvements, voire des manifestations : je crois que les réponses ne sont pas uniquement dans les rapports police-citoyens – les rapports police-jeunes en particulier. Une des réponses, c’est la place du travail social et de la prévention spécialisée dans ces quartiers. Cette question devrait être à mon sens plus présente qu’elle ne l’est dans le débat aujourd’hui.
Toujours dans le contexte de la lutte contre la radicalisation, va progressivement se poser la question des retours d’enfants de Syrie ou d’Irak qui devront être pris en charge par l’ASE…
Un groupe de travail est copiloté par mon ministère et le ministère de la justice. Nous avons mis en place une procédure d’accueil des enfants au moment du retour qui prévoit entre autres que tous les enfants revenant de Syrie doivent faire l’objet d’une prise en charge par l’ASE, soit d’une AEMO, soit d’un placement.Il est en effet nécessaire de fournir un accompagnement psychologique adapté à la situation de ces enfants. Une instruction interministérielle sera prochainement publiée.
Y aura-t-il des formations particulières pour les travailleurs sociaux pour encadrer ces enfants ?
C’est le travail du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation et le travail est déjà engagé : la formation spécifique des travailleurs sociaux sur la radicalisation est déjà en cours depuis deux ans. Ce sont des milliers de personnes qui ont été formées.Donc suffisamment pour encadrer les 400 enfants de retour ?
On estime que ce sont 200 femmes et 400 mineurs qui pourraient revenir. Mais pour le moment, seuls 24 sont rentrés. Les prises en charge dépendent de l’âge des enfants, de la situation de la famille et de l’environnement en France. Dans certains cas, les ressources familiales sont utiles et dans d’autres, elles sont toxiques. C’est le travail du juge pour enfants de le déterminer et, après, de mettre en place, avec l’ASE, l’accompagnement de l’enfant.Mais il faut aider les départements, en particulier les départements du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis – qui sont les départements où arrivent les enfants – dans cette nouvelle responsabilité, presque une nouvelle tâche. C’est ce que nous faisons.
Références
mardi 14 mars 2017
assises de la protection de l ' enfance
lundi 3 juillet et mardi 4 juillet 2017 .... à Paris
10 emes assises nationales de la Protection de l'Enfance.
Avons nous progressé?
Est ce mieux ailleurs ?
Comment relever de nouveaux défis ?
PROGRAMME
depuis la réforme du 5 mars 2007, alors plébiscitée, et dont le projet avait été débattu lors des 1èresAssises nationales de la protection de l’enfance, dix ans ont passé.
dix ans de progrès accomplis mais aussi d’insuffisances récurrentes qui ont nécessité le vote d’une nouvelle loi (14 mars 2016) centrée sur l’intérêt de l’enfant et le pilotage de la politique de protection de l’enfance.
Or, malgré ces adaptations réglementaires et les efforts constants des professionnels et des institutions, les doutes subsistent sur la capacité de notre modèle à assurer in fine l’efficience des réponses apportées. et les tensions sur le terrain semblent s’amplifier dans un contexte, de surcroît, de plus en plus complexe et imprévisible.
Quel véritable bilan peut-on tirer de ces dix dernières années?
Sur quoi avons-nous progressé, sur quoi avons-nous régressé?
Fait-on mieux ailleurs?
Pourra-t-on s’adapter à la vulnérabilité exponentielle de notre société et à la déliquescence de la plupart des repères éducatifs?
Quelles perspectives pour notre système et nos pratiques?
telles sont les questions sur lesquelles nous vous proposerons de débattre lors de cette édition anniversaire des Assises qui sera précédée d’un sondage auprès de l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance pour recueillir leur position.
10 emes assises nationales de la Protection de l'Enfance.
Avons nous progressé?
Est ce mieux ailleurs ?
Comment relever de nouveaux défis ?
PROGRAMME
depuis la réforme du 5 mars 2007, alors plébiscitée, et dont le projet avait été débattu lors des 1èresAssises nationales de la protection de l’enfance, dix ans ont passé.
dix ans de progrès accomplis mais aussi d’insuffisances récurrentes qui ont nécessité le vote d’une nouvelle loi (14 mars 2016) centrée sur l’intérêt de l’enfant et le pilotage de la politique de protection de l’enfance.
Or, malgré ces adaptations réglementaires et les efforts constants des professionnels et des institutions, les doutes subsistent sur la capacité de notre modèle à assurer in fine l’efficience des réponses apportées. et les tensions sur le terrain semblent s’amplifier dans un contexte, de surcroît, de plus en plus complexe et imprévisible.
Quel véritable bilan peut-on tirer de ces dix dernières années?
Sur quoi avons-nous progressé, sur quoi avons-nous régressé?
Fait-on mieux ailleurs?
Pourra-t-on s’adapter à la vulnérabilité exponentielle de notre société et à la déliquescence de la plupart des repères éducatifs?
Quelles perspectives pour notre système et nos pratiques?
telles sont les questions sur lesquelles nous vous proposerons de débattre lors de cette édition anniversaire des Assises qui sera précédée d’un sondage auprès de l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance pour recueillir leur position.
vendredi 10 mars 2017
Rapport d'étude de l'ONED
Rapport d’étude :
« L’accueil familial : quel travail d’équipe ? »
Eléments de synthèse
En juillet 2015, l’ONED publie un rapport sur l’accueil familial géré directement par les services départementaux. L’accueil familial - et les conditions dans lesquelles il s’organise constitue un enjeu absolument majeur pour la protection de l’enfance. Au 31 décembre 2012, 69 000 enfants étaient pris en charge par un peu moins de 40 000 assistants familiaux, ce qui représente plus de la moitié des enfants confiés aux services de l’ASE. Au vu des histoires de vie de ces enfants et de leurs effets sur leur santé physique, psychique et sur leur développement, il est indispensable de réfléchir à un type d’accueil et d’accompagnement pertinent.
Cette forme de suppléance peut répondre à ces besoins et offrir une sécurité d’attachement à un enfant confié à l’ASE. Mais, pour cela, l’accueil familial doit reposer sur un cadre institutionnel qui soutienne non seulement l’assistant familial mais également une équipe pluridisciplinaire. L’ensemble des professionnels de cette équipe doit développer de nouvelles compétences et un même souci de l’accueil familial, afin de l’adapter à la situation de chaque enfant et de ses parents.
Dix ans après l’entrée en vigueur de la loi du 27 juin 2005, l’étude vise à établir un état des lieux de l’organisation et du fonctionnement de l’accueil familial dépendant directement des départements, afin d’éclairer l’influence de l’organisation et des pratiques institutionnelles sur le positionnement des assistants familiaux dans leur mission d’accueil. L’hypothèse centrale de cette étude est que les choix organisationnels ont un impact sur l’exercice quotidien des missions de l’ensemble des professionnels et partant, sur la possibilité que ces activités
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professionnelles produisent une clinique orientée vers l’intérêt de l’enfant et son bon développement.
Pour conduire cette étude, l’ONED s’est appuyé sur plusieurs supports : une enquête par questionnaires auprès des conseils départementaux, des visites sur site ayant permis la passation d’entretiens avec les acteurs locaux dans 9 départements, une analyse de la littérature scientifique sur l’accueil familial et des documents collectés auprès des départements (35 fiches de poste/procédures-questionnaires - critères de recrutement, 12 projets de service, 24 référentiels et/ou guide de l’accueil familial, etc.), une étude de contenu de propos tenus dans le cadre d’une communauté en ligne d’assistants familiaux.
Partie 1. L’accueil familial dans les départements : une pratique en mouvement
L’accueil familial représente depuis longtemps le premier mode d’accueil de la protection de l’enfance, en moyenne sur l’ensemble de la France et de façon singulière dans près des deux tiers des départements. Les données de l’enquête ONED concluent à une part de placement familial de 58 %, avec des taux allant de 20,8 % à 90,7 % selon les départements. Le nombre moyen d’enfants confiés à des assistants familiaux est de 1,8 avec des valeurs variant de 1,1 à 2,4 selon les départements.
Deux grandes problématiques ressortent de l’état des lieux effectué dans le cadre de l’étude. Ce mode d’accueil est aujourd’hui confronté à une tension sur le renouvellement et l’extension des places disponibles. Comme le montre l’analyse des schémas départementaux, cela conduit les services à développer des actions pour améliorer le recrutement d’assistants familiaux, et à réorganiser, souvent de façon centralisée dans le territoire, un dispositif de gestion des places disponibles.
Par ailleurs, on observe une diversification des formes de mise en œuvre de l’accueil familial : 58 des départements répondants (81) pratiquent l’accueil familial pour l’accueil d’urgence, 56 pour les bébés nés sous le secret et 52 pour l’accueil séquentiel ; 42 départements utilisent l’accueil familial pour les enfants de moins de trois ans, 36 pour des mères mineures avec leur enfant, et 11 selon des modalités de placement sans déplacement ; 18 disposent de services d’accueil familial pour adolescents. Cette diversification est confirmée par l’étude des schémas départementaux, où figurent également des projets de placements familiaux spécialisés en réponse aux besoins de certains publics, notamment celui de jeunes présentant différents types de troubles.
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Partie 2. Un environnement institutionnel encore à structurer
Si peu de références juridiques éclairent le contenu éducatif de la prise en charge en accueil familial, les apports des sciences de l’éducation, avec la notion de suppléance, ont permis de dégager la pratique de l’accueil familial d’une position de substitution aux parents. Les apports de la clinique pédopsychiatrique et de la psychanalyse de l'enfance soulignent la complexité des problématiques qui conduisent à la prise en charge d'un enfant en placement familial, les effets qui en découlent sur la situation d'accueil et les conditions d’un accompagnement favorisant le développement et le bien-être de l'enfant.
Sur ce dernier point, les structurations de l'accueil familial dans les départements ont été interrogées. Constatant une grande disparité de modèles organisationnels, l’étude propose une typologie combinant trois grands domaines d'actions : la gestion des carrières et des conditions contractuelles, l'accompagnement et le soutien des pratiques professionnelles, le suivi socio-éducatif du public. Pour structurer les dispositifs d’accueil familial et caractériser les équipes et leurs missions, les départements ont très majoritairement développé des documents de type administratif ou de gestion. Les documents plus dédiés au déroulement de la prise en charge socio-éducative sont mis en place de façon minoritaire : 24 départements sur les 81 répondants, soit moins de 30 %, disposent d’un projet de service, neuf ans après son obligation par la loi du 27 juin 2005. Au regard du corpus de connaissances disponibles, les documents analysés sont très faiblement référencés aux notions et concepts théoriques développés autour du placement familial. Néanmoins, le thème de la continuité de vie de l’enfant est la notion la plus présente.
Partie 3. Le travail d’équipe en accueil familial
La notion d’« équipe » revêt une importance fondamentale dans la mise en œuvre et le déroulement d’un accueil. Les difficultés évoquées par les acteurs pour se constituer en équipe et, surtout, pour enclencher une véritable dynamique d’équipe, se déclinent en plusieurs aspects. Tout d’abord, l’acceptation et l’intégration des assistants familiaux aux espaces communs de travail est un point problématique. Il existe encore de très fortes disparités entre les départements et entre les territoires d’un même département, sur l’implication des assistants familiaux aux réunions diverses, sur la prise en compte de leur parole et de leur ressenti et dans certains cas sur leur accueil dans les locaux de l’ASE.
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Ensuite, la relation assistant familial-référent reste ambivalente au regard des besoins de l’enfant. Alors que cette relation est le moteur de la prise en charge et de l’accueil de l’enfant, elle peut être traversée de tensions et ne pas offrir, dans certaines situations, un cadre sécurisant à l’enfant. Plusieurs éléments (répartition imprécise des tâches notamment sur les actes ususels, faible disponibilité des référents submergés par les tâches de travail administratives et le nombre de suivi qui leur sont attribués, volonté des assistants familiaux de prouver par eux-mêmes leur professionnaliseme et de « protéger » leur lieu de vie et leur vie familiale du regard des référents, etc.) concourrent à créer une distance et de possibles malentendus entre référents ASE et assistants familiaux.
Tout cela peut fragiliser la position commune que doivent adopter les assistants familiaux et les référents ASE face à la famille de l’enfant, et in fine, produire des effets contre-intuitifs sur l’enfant lui-même. Pour remédier à cet écueil, de nombreux conseils départementaux ont entamé une réflexion sur la notion de « référence » et sur l’intérêt de distinguer les processus d’accompagnement des enfants, des parents et des assistants familiaux.
Partie 4. L’accueil familial en actes : des outils pour soutenir la pratique
De nombreux outils sont issus de ce travail engagé par les services des départements. Nous pouvons les rassembler en quatre groupes, chacun possédant un objectif spécifique et orienté vers un aspect particulier du travail des assistants familiaux.
Le premier ensemble d’outils regroupe les dispositifs de soutien à la professionnalisation. Ces outils ont pour vocation d’offrir un appui et une écoute aux assistants familiaux, de les accompagner et de les aiguiller lorsqu’ils font face à des situations complexes, imprévues ou inquiétantes.
Le deuxième groupe renvoie à des outils de développement de la réflexivité des assistants familiaux. Ces outils de pratiques réflexives permettent aux assistants familiaux, dans un premier temps, de les aider à consigner leurs observations et leurs réflexions sur le déroulement de l’accueil et, dans un deuxième temps, de prendre du recul face aux événements du quotidien, de donner du sens, dans une posture distanciée, à leurs observations afin de pouvoir alimenter la réflexion de l’équipe sur le déroulement de l’accueil et le devenir du suivi et de la situation du jeune.
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Le troisième groupe est composé des outils pour la pratique quotidienne des assistants familiaux. Ces outils sont des indications de réponses soit à des situations concrètes de la vie quotidienne, soit à des événements qui se manifestent dans l’urgence. Ces outils peuvent servir de « bonnes pratiques de la vie quotidienne » permettant aux assistants familiaux d’orienter leurs comportements, leurs choix et leurs décisions face à des situations courantes ou exceptionnelles.
Enfin, un dernier ensemble regroupe les outils destinés aux conjoints des assistants familiaux, ouvrant la dimension de l’accueil à la cellule familiale.
Cette étude soulève l’importance de mettre en place une organisation adaptée aux enjeux collectifs de l’accueil familial, fournissant aux assistants familiaux et à leurs plus proches partenaires un cadre de travail et des outils leur permettant de continuellement se situer, pour devenir « sujet[s] de [leur] pratique professionnelle »1, dans une démarche réflexive qui les protège en tant qu’individu tout en servant les enfants qui leur sont confiés.
Préconisations
À l’issue de cette étude, l’ONED émet différentes préconisations :
I - Sur le plan des connaissances, il conviendrait :
Préconisation 1 : De développer des recherches sur les assistants familiaux et notamment sur leurs caractéristiques sociodémographiques.
Préconisation 2 : D’améliorer et de développer des outils (nationaux et départementaux) permettant de visualiser les flux d’entrée et de sortie des assistants familiaux dans les services ASE des départements, voire dans les services du secteur habilité. L’ONED doit y apporter sa contribution.
Préconisation 3 : De soutenir le développement du dispositif de remontée des données codifié à l’article L. 226-3 du CASF et réglementé par le décret du 27 février 2011, en vue d’en extraire des données relatives aux parcours des enfants et des jeunes en accueil familial.
1 Ravon B. L'extension de l'analyse de la pratique au risque de la professionnalité. Empan, 3/2009, n° 75, p. 116-121.
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Préconisation 4 : De conduire une étude de cohorte d’enfants confiés aux assistants familiaux à partir d’indicateurs de besoins, de bien-être et de développement.
Préconisation 5 : De favoriser la production de recherches scientifiques sur certaines formes diversifiées d’accueil familial pour lesquelles la littérature est actuellement insuffisante (accueil mère-enfant, services d’accueil familial pour adolescents...), afin d’améliorer les orientations au regard des besoins des enfants.
II – Sur le plan de l’organisation des services d’accueil familial, il est nécessaire :
Préconisation 6 : De mettre en place, pour les départements n’ayant pas encore répondu à cette obligation légale, un projet de service ASE dans lequel figurera l’organisation de l’accueil familial.
En outre, il conviendrait également :
Préconisation 7 : De mener des travaux complémentaires, prenant mieux en compte la complexité des situations, sur la notion de « référence » (type de mission et d’accompagnement, charge de travail, etc.).
Préconisation 8 : De garantir un minimum d’encadrement et d’accompagnement par et pour les référents ASE. En effet, il paraîtrait pertinent de poser des normes nationales sur le nombre de rencontres annuelles entre les assistants familiaux et les référents ainsi que sur le nombre d’enfants suivis par référents. De plus, les référents ASE doivent pouvoir bénéficier également d’un encadrement soutenant et en adéquation avec les objectifs qui leur sont attribués.
Préconisation 9 : De clarifier les missions relatives au cadre d’emploi et les missions d’accompagnement auprès des assistants familiaux.
Préconisation 10 : De mieux identifier, repérer et baliser les temps d’échange et de synthèse entre assistants familiaux et référents au vu de l’évaluation de l’accueil et de l’évolution du jeune.
Préconisation 11 : De développer des outils de communication ciblés auprès des réseaux proches des assistants familiaux et sur les territoires les plus en déficit afin de favoriser le recrutement et le renouvellement des effectifs d’assistants familiaux.
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Préconisation 12 : D’organiser de façon centralisée la rencontre entre l’offre et la demande de places en accueil familial pour les enfants relevant de l’ASE.
III – Sur le plan des outils pour la pratique, il conviendrait :
Préconisation 13 : De renforcer la formation des professionnels de l’ASE participant à l’orientation et au suivi des enfants confiés aux assistants familiaux sur la prise en compte de l’intérêt supérieur de chaque enfant et de ses besoins spécifiques.
Préconisation 14 : De développer des offres de formations communes qui réunissent l’ensemble des acteurs de l’accueil familial (assistants familiaux, référents ASE, psychologues, cadres) et qui intègrent dans leur contenu la dimension clinique.
Préconisation 15 : De veiller à proposer ou développer des espaces d’aide à la réflexivité (analyse des pratiques, supervision par exemple) pour les assistants familiaux ainsi qu’aux autres professionnels à tous les niveaux d’implication (référents ASE, cadres des services d’accueil familial).
Préconisation 16 : De développer une offre de groupes de paroles et d’expression pour les proches des assistants familiaux (conjoint voire enfant(s) des assistants familiaux).
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