mardi 3 juillet 2018

ou allons nous ?

2 juillet 2018

Protection de l’enfance : des assises mouvementées


« Je ne travaille pas directement dans la Protection de l’enfance mais je suis venu par solidarité, raconte Thierry Creis, infirmier psychiatrique dans un service pour adultes du CHU de Nantes. On voit débarquer des jeunes de 13 ans parce qu’il n’y a pas de place en pédopsychiatrie. On est obligés de les mettre à l’isolement pour les protéger. » Le syndicaliste de Sud est resté bloqué devant les portes de la Cité des congrès de Nantes, comme les quelque 200 travailleurs sociaux venus pour casser l’ambiance des 11èmes assises de la protection de l’enfance.
Neuf mois d’attente pour une prise en charge
Profitant de cette vitrine de la profession, ils ont témoigné des difficultés du suivi du public accueilli par l’Aide sociale à l’enfance en Loire Atlantique, des neuf mois d’attente pour la prise en charge d’un enfant jugé en danger, du non accueil des mineurs non accompagnés… Organisée les 28 et 29 juin 2018 à Nantes par le Journal des acteurs sociaux en collaboration avec le Conseil départemental, cette édition réunissait 2 000 professionnels autour du thème : « Dans la famille “jeprotègelenfant" je voudrais… Tous ceux qui répondent à ses besoins. »
Pour l’occasion, la CFDT, la CGT et le syndicat Sud ont constitué le collectif de la protection de l’enfance 44. Pour eux, la communication autour de l’événement cherche à masquer des manques à tous les niveaux : de travailleurs sociaux pour évaluer, d’éducateurs pour accompagner, de places en familles d’accueil, de lits dans les établissements médico-sociaux… Le collectif aurait dû s’exprimer en ouverture du colloque pendant 15 minutes, mais la délégation étant accompagnée de nombreux collègues en colère, l’allocution n’a pas eu lieu.
Les manifestants privés de Cité
Interdits de Cité, les acteurs de terrain ont commencé par perturber l’entrée des Assises. Après deux heures de négociations infructueuses, les CRS sont venus protéger le déroulement du colloque. Les manifestants ont donc raconté leur quotidien devant le centre des congrès. « J’en ai marre de dire aux enfants que je vais les protéger, quand je sais que je n’en ai pas les moyens », lance un éducateur venu d’Île-de-France. Ils ont scandé des slogans, fait un sit in, quatre d’entre eux ont brièvement été arrêtés, dont une mineure venue avec son père…
Pendant ce temps à l’intérieur, comme en témoigne Didier Dubasque sur son blog, les besoins fondamentaux de l’enfant étaient rappelés : physiologiques élémentaires, protection de toute forme de violence, possibilité de construire une relation affective sécurisée, de vivre des expériences « d’exploration du monde », d’avoir des règles et de limites en vue de contenir ses émotions et vivre en société, de s’inscrire dans une histoire narrative, d’être valorisé et d’avoir confiance. Le lendemain, la ministre de la santé et de la solidarité Agnès Buzyn a rappelé que ces fondamentaux devaient s’exercer dans un budget contraint.

lundi 11 juin 2018

4 juin 2018

Protection de l’enfance : focus sur les 0-4 ans


Une enquête publiée par l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) dévoile le nombre d’enfants suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de la naissance à l’âge de quatre ans dans trois départements : Côtes-d’Armor, Finistère et Vaucluse.
L’étude montre qu’entre 254 et 262 enfants nés en 2012 ont fait l’objet d’au moins une prestation ou une mesure de protection de l’enfance avant l’âge de quatre ans, soit entre 2,7% et 4,2% des enfants nés cette année-là dans ces départements.
Avant deux ans
Près de la moitié des mesures ont commencé par l’intervention d’un technicien de l’intervention sociale et familiale (TISF), suivies par des mesures judiciaires de suivi à domicile et enfin dans une moindre mesure par des placements administratifs et judiciaires. La première mesure intervient principalement avant le deuxième anniversaire, et quand il s’agit d’un placement, il intervient majoritairement avant l’âge de un an. Parmi tous les enfants accompagnés par l’ASE avant l’âge de deux ans, peu d’entre eux sortent du dispositif de protection de l’enfance avant leurs quatre ans, et sept enfants sur dix connaissent un parcours sans interruption de suivi.
Manque de données
Cette étude statistique vient combler un manque criant de données sur les enfants accompagnés par l’ASE en France, pointé par de nombreux rapports. Les dernières lois réformant la protection de l’enfance imposent des transmissions annuelles par les départements. Mais les chiffres ne suffisent pas : l’étude n’apprend rien sur les conditions sociales et les problématiques intrafamiliales de ces enfants. C’est dommageable pour la compréhension de leurs besoins et l’ajustement de l’action des professionnels.
Pour lire l’enquête, cliquez ici

lundi 4 juin 2018

Le 4 Juin 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

Au secours, un beau métier s’éteint !

Placer un enfant dans une famille d’accueil c’est lui donner une chance supplémentaire de s’épanouir, de préparer son autonomie et de devenir un adulte responsable capable de s’intégrer dans sa société de demain.
Pour les Départements, c’est le mode de prise en charge le moins dispendieux et pourtant on réduit encore et encore les moyens financiers des assistants familiaux.
Depuis la loi du 27 juin 2005, l’assistant familial est un travailleur social reconnu, un membre diplômé de l’équipe de l’aide sociale à l’enfance et un expert de la fonction.
Le rapport de l’IGAS de mars 2013 informe de la difficulté des services gardiens à recruter des assistants familiaux et l’enquête FNAF de Janvier 2018 révèle que 33% des assistants familiaux actuellement en poste atteindront l’âge de la retraite dans 5 ans et à 10 ans d’ici, seulement 37% seront en âge d’exercer ; on voit bien que la relève n’est pas assurée.
Que fait-on aujourd’hui pour assurer la prise en charge des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance dont le nombre augmente chaque année (rapport ONED de Novembre 2014 suivi du rapport ONEP de Mars 2016) ?
Pourquoi les employeurs, publics ou privés, ne parviennent-ils pas à étoffer l’effectif et pas même à le maintenir ?
Mesdames, Messieurs les Présidents des Conseils Départementaux, Mesdames, Messieurs les Présidents d’associations, vous qui employez des assistants familiaux, vous intéressez-vous réellement à leurs conditions de travail ?
Entendez-vous l’inquiétude des assistants familiaux qui vous alertent, vous sollicitent et vous proposent des idées pour revaloriser leur métier, améliorer les pratiques et ainsi donner envie aux personnes intéressées de s’engager dans la durée ?
Quelle place réservez-vous aux 31% d’enfants relevant du handicap et/ou présentant des troubles du comportement envahissants – enquête FNAF Janvier 2018 ?
La FNAF en appelle à vous, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Présidents des Conseils Départementaux et Présidents d’associations, afin qu’un réel dialogue social se construise avec ces professionnels pour que leurs métier et rôle soient réellement reconnus et valorisés à leurs justes valeurs au niveau national.

ENQUETE FNAF 2018

Les chiffres évoqués dans ce communiqué résultent de l’enquête réalisée par la FNAF en Décembre 2017 et Janvier 2018 auprès de ses adhérents.
Nous vous invitons à prendre connaissance de la totalité des réponses en téléchargeant le fichier ci-dessous :

dimanche 3 juin 2018

lien social

1er juin 2018

Faible marge de manœuvre des départements pour l’action sociale


Si la dépense d’action sociale des départements augmente faiblement (+1,6%) et leur budget semble stable, l’ombre d’un effondrement de leur marge de manœuvre plane selon l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS). D’après une étude menée par l’Observatoire, on assiste au même phénomène pour l’année 2016 et 2017, soit une diminution de l’investissement des départements face à leurs responsabilités sociales.
La charge nette portée par les départements concerne en premier lieu l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et l’aide aux personnes handicapées ; le poste de dépense majeur dans ces deux domaines d’action est celui de l’hébergement. Viennent ensuite le financement de l’insertion (RSA) et l’aide aux personnes âgées.
ASE : moins de prévention et de contrats jeunes majeurs
La faible augmentation des dépenses de l’ASE (+1,4%) inquiète l’ODAS car elle correspond à une diminution des dépenses de prévention avec moins de budget pour les aides financières, pour le Fond d’aide aux jeunes et pour la prévention spécialisée. De même, la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) allant croissant, on peut s’étonner d’un si faible budget alloué à l’ASE. Le désengagement des départements auprès des jeunes majeurs pourrait être à l’origine de cette faible augmentation, en 2017 ce sont 1 300 jeunes qui sont sortis de l’ASE et les baisses de contrats sont drastiques dans la moitié de départements (au moins 10%).
PCH et psychiatrie
L’accueil des personnes handicapées reste la dépense majeure dans ce domaine, mais l’ODAS s’inquiète de voir augmenter tous les ans le nombre de bénéficiaires de la Prestation de compensation du handicap (PCH). Argument avancé : la psychiatrie qui ne pouvant plus apporter de réponses suffisantes aux personnes fragiles (ayant des troubles du comportement notamment), elles se tournent vers la PCH.
Le RSA sans l’insertion
Le nombre d’allocataires du RSA a diminué depuis deux années consécutives ce qui peut expliquer la stabilité du budget dans le domaine de l’insertion. Cependant une autre réalité se dessine, celle d’une zone d’ombre où se trouvent 1,5 millions de personnes, entre emploi et inactivité.
Plus inquiétant aux yeux de l’ODAS, l’objectif d’insertion avec l’introduction du RMI puis du RSA s’effrite. Le budget passe en grande majorité dans le paiement des allocations, le travail d’accompagnement vers l’emploi lui, s’en trouve donc amputé et ne bénéficie que de 7% du budget total consacré à l’insertion.
Les allocations oui, mais le reste ?
Selon la Banque Postale, malgré une épargne stable, les départements inquiets de la baisse des financements par l’État poursuivent leur diminution d’investissements, ce qui posera problème à long terme. Les départements restent très investis dans le domaine de la solidarité et cherchent à développer de nouvelles expérimentations notamment en matière d’hébergement. Ils soutiennent également des dispositifs comme les Conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens (CPOM) passées avec des associations devenues de réelles partenaires, ce qui participe à un meilleur accompagnement et la diminution du coût d’hébergement.
Néanmoins le poids croissant des allocations amène les départements à moins financer les autres axes de leur politique, à savoir la prévention, l’insertion et le développement social. La marge de manœuvre tend donc à s’effriter d’années en d’années et les personnels doivent s’occuper davantage de gestion administrative que de développer des réponses adaptées aux publics.

AVENIR ...

N° 1230

| du 29 mai 2018

Dossier

Assistant familial • Un métier en voie de disparition ?

Alors qu’ils se trouvent au cœur du dispositif de protection de l’enfance, le nombre d’assistants familiaux diminue : ceux qui sont en poste vieillissent et les jeunes semblent peu attirés par ce métier. Comment le rendre attractif et éviter sa disparition ?

lundi 28 mai 2018

livre

Jacques Trémintin

Les jardiniers de l’âme. Innover pour donner leur chance aux enfants en difficulté

Martine Roussel-Adam


2011, éd. JC Lattès, (343 p. ; 19 €) | Commander ce livre
Thème : Education

C’est à la suite d’un voyage en Inde et d’une rencontre avec les enfants des rues que l’auteure décide de changer d’existence. Renonçant à la gestion de ses entreprises, elle crée l’association Chemins d’enfance qui œuvre pour le bien-être des enfants en difficulté. Se faisant globe-trotter, Martine Roussel-Adam nous propose un tour du monde des actions innovantes. Et ce qu’elle nous décrit est véritablement passionnant. Les initiatives présentées sont d’une richesse et d’une ingéniosité assez exceptionnelles.
La France est représentée, entre autres, par le Rire médecin, cette troupe de clowns qui intervient dans trente-sept services hospitaliers de pédiatrie, aidant les petits malades à prendre de la distance avec une souffrance qui les coupe de l’imagination, leur meilleur allié, et les enferme dans un présent sans avenir. Si l’on franchit l’Atlantique, on retrouve l’étonnante expérience menée par Marie Gordon, au Canada : faire venir régulièrement un petit bébé avec l’un de ses parents, au sein d’une classe d’école, pour travailler sur l’empathie et faire baisser le degré d’agressivité. Le bambin étant trop jeune pour s’exprimer, les élèves ont pour mission de l’observer et d’essayer de comprendre ce qu’il ressent. Ils sont ensuite interrogés sur leurs propres émotions.
Plus au sud, en Colombie, il y a Felicity Sompson qui a conçu El Circo para todos, à destination des enfants les plus démunis, l’apprentissage des métiers du cirque permettant une socialisation alliant la rigueur de l’entraînement physique avec le plaisir. Au Venezuela voisin, José Antonio Abru mène, depuis 1979, un programme peu commun : permettre à tout enfant dès cinq ans de recevoir un instrument de musique et d’intégrer un orchestre : 350 000 en bénéficient chaque année. En traversant le pacifique, on gagne l’Inde, pays où l’association Nanban propose un espace à la fois ludique et d’entraide aux enfants des rues.
Le lecteur pourra découvrir encore bien d’autres initiatives, toutes partageant, au-delà de leur diversité et leur originalité, les mêmes ressorts : s’adresser aux enfants à partir de la sphère émotionnelle, créer les conditions de leur épanouissement, mobiliser leurs compétences, leur offrir un miroir positif en leur assurant une acceptation inconditionnelle, leur donner le goût d’exister, leur offrir la possibilité de redonner du sens à leur existence… Toutes ces actions sont marquées par des fragilités liées à la recherche de financement et ne pourront atteindre leur pleine efficacité qu’avec leur pérennisation. Mais elles tirent leur force de l’implication de la société civile et de l’investissement des populations au sein desquelles elles se déploient.

soirée débat de l'association

           le 07 juin 2018 dés 19h30  soirée débat  au Palais des         Congrés de Rochefort salle Pierre Loti




                               Accueillir en famille, une place pour chacun ?


  







Psychologues, éducateurs, chef de service, assistants familiaux, conjoints, enfants accueillis et accueillants débattront .


Nous vous attendons nombreux.